REVUE DE LA PRESSE HEBDOMADAIRE
Semaine
du 15 au 22 novembre 2004
Chronique
d'une journée d'élection à Niamey
Près de 5,3 millions de Nigériens sont appelés
aux urnes, ce mardi 16 novembre, pour départager les
six candidats en lice pour la course au fauteuil présidentiel.
Dans la matinée, certains bureaux de vote , dans quelques
quartiers de Niamey, ont ouvert avec retard. C'est le cas au
niveau du bureau de vote numéro 1 de Saga Goungou, un
village situé à deux kilomètres de la capitale.
Ichdou Irou, président de bureau de vote explique : "
Nous avons débuté avec un léger retard.
Au lieu de huit heures comme prévu, on a commencé
après huit heures trente minutes. C'est indépendant
de notre volonté, car à notre arrivée,
il n'y avait pas de bulletins de vote.. "
Un scrutin dans le calme et le sérénité
Malgré les cas de retard observés ça et
là, le scrutin s'est déroulé dans la sérénité.
En tous cas, jusqu'à l'heure de la fermeture des bureaux,
aucune anomalie grave n'a ponctué le déroulement
du vote. Au niveau de ce bureau de vote, dans un quartier périphérique,
Madame Babey Hadiza, déléguée au titre
d'un parti politique ne cache pas sa satisfaction : "
depuis ce matin, on a pas eu de difficultés, aucun problème.
On a pas rencontré d'anomalies jusqu'à présent
". Ce constat est partagé par certains observateurs
qui sillonnent la ville pour superviser le processus électoral.
C'est le cas de l'observatrice Goza Nana Aichatou qui pense
que " tout se passe très bien. ". Seulement
elle regrette la timidité qui caractérise la fréquentation
des bureaux de vote : " les électeurs arrivent
à compte-goutte ". Elle ajoute que "
les cartes ne sont pas acheminées à temps, il
y a des gens qui viennent réclamer leurs cartes. Et aussi
des électeurs qui ne sont pas sensibilisés sur
le mode de vote ". Quoi qu'il en soit " dans l'ensemble
tout va bien ".
Des cartes non distribuées et des électeurs
sans cartes
" Dans tous les cas, tu dois sortir ma carte ! "
tranche Malam Andi, un citoyen qui n'a pas retrouvé sa
carte d'électeur. Tout comme, ce quadragénaire,
ils sont nombreux les électeurs qui n'étaient
pas en possession de leurs cartes. Preuve que la sensibilisation
des populations n'a pas atteint les résultats escomptés.
Simultanément, avec le déroulement du scrutin,
les distributeurs de cartes ont passé toute la journée
à remettre le précieux document à ses titulaires.
A Saga Fondobon, tout semble aller pour le mieux : "
dans les deux bureaux de vote de Saga Fondobon, tout va bien,
ça se passe cinq sur cinq. Il n' y a pas de problème
" se félicite un distributeur de cartes.
Malgré tout , des électeurs n'ont pas retrouvé
leurs cartes. Deux raisons sont largement invoquées :
"soit le nom ne figure pas sur le fichier, soit la carte
a tout simplement disparu". Kadi, une jeune femme n'a
pas pu récupérer sa carte. Elle regrette : "
ils ont dit que mon nom ne figure pas sur la liste, alors que
je me suis inscrite. C'était le même cas aux élections
municipales ".
A Saga Gorou, un village situé à sept kilomètres
de Niamey, la quasi-totalité des cartes a été
épuisée. C'est du moins la satisfaction que manifeste
Sidikou Moumouni, un président de bureau de vote : "
la totalité des cartes a été retirée.
Il n'y a qu'une vingtaine de cartes dont les propriétaires
sont soit décédés ou absents du village.
". A quelques jets de pierre du bureau de vote, un
groupe de femmes devise à gorge déployée.
L'une d'elle, toute joyeuse s'exclame : "Nous avons
toutes voté !". Ce n'est pas le cas de Sadi.
Cette jeune femme n'a pas glissé son bulletin dans l'urne.
Et pour cause ! " Albora (le vieux) ne m'a pas inscrit
".
Quelques fausses notes
Des bureaux de vote ont fonctionné avec une seule liste
d'émargement, alors que les textes en prévoient
deux. Idé Dangou n'a pas hésité pour exprimer
son mécontentement : " il est dit que normalement
on doit débuter avec deux listes d'émargement,
mais malheureusement nous avons travaillé avec une seule
liste ". A l'en croire, " la CENI n'a pas fourni
cette deuxième liste, malgré les incessantes réclamations
".
Au bureau de vote numéro 20 du quartier Route Filingué,
c'est un faux électeur qui s'est fait prendre par la
police. Brandissant une fausse identité, il a tenté
de voter avec un document qui ne porte pas ses nom et prénoms.
Témoin de la scène, Adamou Mahamadou, un membre
du bureau de vote raconte : " Ici au CEG 8, la police
a pu mettre la main sur un individu qui a voulu opérer
une fraude. Il a présenté une carte d'électeur
dont les signes ne correspondent pas à sa carte d'identité.
Après interrogation par un policier, il ressort que cette
pièce d'identité n'a pas été délivrée
par l'autorité administrative compétente. ".
En somme la sérénité a prévalu ,
même s'il faut déplorer quelques irrégularités
dues notamment à l'ouverture tardive de certains bureaux
de vote, l'absence de quelques matériels électoraux
ou encore des tentatives de fraude. Gageons que les lendemains
soient des plus calmes.
Saïdou Djibril
dsaidou2001@yahoo.fr
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Semaine
du 19 au 23 juillet 2004
Une
campagne électorale sous le signe de la violence
Les élections municipales, prévues pour le 24
juillet, ont largement occupé les manchettes des journaux
parus cette semaine. Cest surtout le côté
rébarbatif de la campagne électorale qui paraît
le plus attirer lattention des confrères. Ainsi
Le Démocrate décrit une campagne électorale
qui se «caractérise par un certain désintéressement
des populations qui semblent avoir dautres préoccupations».
Toutefois, incite le journal, « il faut y aller quand
même ». Le Témoin parle de violences
au cours de la campagne électorale. Selon cet hebdomadaire
« cette campagne électorale pour des élections
auxquelles les partis politiques ne semblent pas accorder de
limportance
se déroule dans une tension inhabituelle
». Dans la même lancée, Reliefs
souligne l«extrémisme politique».
Pour l'Opinion, « il convient de déplorer
ces comportements qui font de la violence un moyen dexpression
politique ». Lhebdomadaire Alternative,
faisant allusion aux tracts incendiaires qui ont vu le jour
en cette période, parle «dexplosifs sous
les manches de boubou».
« Le président du parti de la Convention démocratique
et sociale (Cds), accueilli à Maradi à coups de
pierre » rapporte Le Témoin qui relate
la mésaventure vécue par le Président de
lAssemblée nationale, en campagne dans une ville
à 700 km de Niamey. Même en quittant Maradi, Mahamane
Ousmane aurait essuyé des « jets de pierre »
ajoute le journal. Pendant ce temps, à Niamey, ce sont
des militants du Parti nigérien pour la démocratie
et le socialisme (Pnds), un parti de lopposition, qui
sont « agressés par une horde de militants fous
furieux du Mnsd, (le parti au pouvoir), alors quils tenaient
un simple meeting» peut-on lire à travers un
entrefilet de lhebdomadaire Opinion. Ces actes
de vandalisme et dintolérance qui risquent de compromette
tous les efforts déployés pour asseoir lunité
nationale, violent les textes du pays et corrompent le jeu démocratique.
La Roue de lHistoire espère que le régime
en place sanctionnera « ces petits malins, boutefeux
et pyromanes. »
La campagne électorale qui vient de sachever ce
23 juillet, au delà des pugilats et autres invectives,
a été « de loin la plus désastreuse
au vu du nombre de morts et de blessés », regrette
La Roue de lHistoire. L'Opinion lui, stigmatise
les relents macabres que revêt la campagne du parti au
pouvoir : Attention, le Mnsd tue !.
Le journal relate le triste sort dun garçonnet
écrasé par un camion de campagne affrété
par un grand militant du Mouvement national pour la société
de développement (Mnsd), le sieur Zakaï. La Roue
de lHistoire soutient de son côté que
«4 personnes sont tuées dans des accidents de
circulation, rien que par le cortège de campagne du Mnsd».
Mais en plus de la violence ayant caractérisé
cette campagne électorale, lEvènement
rapporte que « la campagne électorale couvre
des irrégularités ». Et pour preuve,
lhebdomadaire précise que « des personnes
assez rusées ont trouvé la formule magique pour
contourner les contrôles des agents des douanes et de
la police » en accrochant le drapeau dun parti
politique pour « circuler librement dans leurs véhicules
non dédouanés ou non immatriculés ».
Toutefois, même si cette effervescence électorale
a fait des estropiés, des manchots et des morts, elle
a aussi fait des miraculés. Parmi ces derniers figure
le Premier ministre, M. Hama Amadou, sorti indemne dun
crash davion, alors quil était en campagne
à lintérieur du pays. Photos à l'appui,
Le Républicain rapporte que « lavion
transportait à son bord le Premier ministre et des militants
de son parti, le Mnsd ». Le Témoin en
donne le bilan : « aucun blessé parmi les passagers
». Pour ce journal, la leçon quil faut
tirer de la chute de cet hélicoptère est que désormais
« le Niger a aussi son Eyadema », rappelant
laccident davion dont est sorti indemne le président
togolais, et suite auquel le mythe de "Eyadema homme
invulnérable", sest fortement reconstitué.
Jouant au prédicateur, La Roue de lHistoire
y voit la main de Dieu et à cet effet conseille au Premier
ministre de « réexaminer ses rapports avec Dieu
». Mais Le Républicain, lui, se demande
si la facture de laffrètement de cet hélicoptère
de larmée nigérienne a été
réglée par le Président du parti au pouvoir.
Lagitation électorale na pas voilé
les informations sur laffaire de la convention signée
par lEtat du Niger et une société béninoise
de transit en loccurrence Unitec, que des confrères
disent se passer des règles de transparence en la matière.
Et cest l'Opinion qui donne le ton en indexant
le Président Tandja : Panique et cafouillage
de cet homme !. En effet, le Chef de lEtat
serait impliqué dans cette affaire qui serait pour lui
une sorte de caverne dAli Baba et que les confrères
qualifient de «scandale financier». Pour
l'Opinion «Tandja a cherché et trouvé
de largent de
poche !».De son coté
Le Témoin rappelle les faits : « il sagit
dun programme appelé guichet unique de transit
Niger visant à concentrer les prélèvements
publics en un seul endroit ». Et cest Le
Démocrate qui apporte un éclairage en relayant
la conférence de presse animé à cet effet
par le Ministre des Finances. Le journal, qui cite le ministre
Lamine Zéne, rapporte que « le mécanisme
est basé sur les textes existants et sur les structures
existantes
». Quoi quil en soit, selon
l'Opinion « aujourdhui le pot au rose
est découvert, cest la ruée dans les brancards
». Et « il est parfaitement clair que toute
cette affaire semble avoir été menée, dun
bout à lautre par et pour la volonté exclusive
de Tandja lui-même ».
Décidément le régime du Président
Tandja nest pas à son dernier cauchemar. Selon
La Roue de lHistoire une mission conjointe de la
Banque mondiale et du Fmi est actuellement au Niger. A lordre
du jour de cette mission : « vérifier les réalisations
du programmes PPTE que le régime avait longtemps intitulé
programme spécial du Président de la République
». Dailleurs, Alternative soutient que
« le bilan de ce programme est très mitigé
». Le Témoin rapporte quil fera
bientôt lobjet de charme médiatique à
lextérieur car « 200 millions de Fcfa
sont prévus pour vendre le programme spécial et
cest CFI qui exécutera le marché ».
Cette semaine, le commissaire du gouvernement près le
tribunal militaire a animé un point de presse au cours
duquel il a informé lopinion nationale des dossiers
sur lesquels sa juridiction va se pencher. Le Républicain
rapporte que ce sont notamment les dossiers des soldats mutins
et supposés auteurs de coups dEtat avorté
au Niger qui seront bientôt devant ce tribunal militaire.
Mais déjà, cette juridiction inédite semble
ne pas rassurer plus dun justiciable. Cest pourquoi
dans une interview accordée à lhebdomadaire
gouvernemental Sahel Dimanche, le substitut du commissaire
du gouvernement rassure que « cette juridiction nest
ni un tribunal dexception, ni une cour martiale ».
Pendant ce temps, les marmites des nigériens moyens risquent
de ne plus cuire du riz. Sahel Dimanche nous apprend
que « le sac de riz de 50kg est passé de 12.000
frs à 17.500 frs ».Interrogé par le
journal, un responsable des importateurs-exportateurs affirme
que « cette flambée népargne guère
les autres produits alimentaires ». Non plus la farine
de blé, le sucre, le lait etc. Mais lespoir semble
venir du Journal école TelQuel qui consacre une
édition spéciale au mil, autre céréale
très consommée au Niger : « les indicateurs
sont bons » rassure le journal.
Sur lagenda sportif nigérien, il faut noter la
victoire du Onze junior nigérien en terre algérienne.
Le Mena junior est allé battre par le score de
2 buts à 1 son homologue algérien, dans le cadre
des préliminaires en vue de la Can junior, Bénin
2005.
Saïdou Djibril
dsaidou2001@yahoo.fr